JEAN-FRANÇOIS SPRICIGO 

toujours l'aurore

Exposition du 17 sept. 2021 au 8 janvier 2022
Horaires d'ouverture : du lundi au samedi : 10h – 19h

Spricigo_JF_004 © JF Spricigo – galerie Camera Obscura Paris.tif
© JF Spricigo – galerie Camera Obscura Paris

Biographie 

 

À 38 ans Jean-François Spricigo a déjà une œuvre bien fournie, reflet de sa soif de création. Encouragé notamment par Antoine d'Agata et Anne Biroleau à ses débuts, repéré par Guy Jouaville qui l'expose à la Scène nationale du Parvis à Tarbes, en 2004, alors qu'il a 25 ans, Jean- François Spricigo va développer parallèlement photographie, écriture et films. Sa formation est aussi plurielle que ses intérêts.

Jean-François Spricigo naît en 1979 à Tournai en Belgique. Il suit les cours de photographie de l'Institut Saint Luc dans cette même ville, puis étudie le cinéma à l'INSAS (Bruxelles), avant d'entrer pour un an au Cours Florent à Paris où il pratique l'art dramatique. Toute sa carrière va être rythmée par des allers-retours entre ces disciplines, l'image fixe nourrissant l'image animée et vice versa sans oublier sa passion pour les textes et la musique, lui qui aime citer Thoreau et Brel comme des "compagnons de vie" et donne à ses expositions des titres tels que "prélude" "notturno", "silenzio" "romanza"...

En 2008, il rencontre Agathe Gaillard qui l'expose dans sa galerie et à Paris Photo. La même année, il est lauréat de la Fondation Belge de la Vocation ainsi que du Prix de l'Académie des Beaux-Arts Marc Ladreit de la Charrière avec sa série "anima". Dans la Revue des Deux Mondes qui publie son portfolio Robert Delpire écrit : "Si l'animal n'est pas le thème unique de ses images, il est une constante dans sa quête de l'image juste, celle qui n'est pas faite pour décrire, pour illustrer un texte mais celle qui prouve un intérêt profond pour l'animal qui exprime une empathie, une émotion". Ses photographies, entre poésie et rêve, sont parfois parcourues d'accidents, de traces et d'imperfections. Il les accepte, faisant du hasard une force. Il est exposé notamment en Belgique, en Espagne (où il passe une année comme lauréat à la Casa de Velasquez), à Los Angeles.

En 2014, une grande exposition, toujours l'aurore, est présentée au CENTQUATRE-PARIS dans le cadre du Mois de la Photo. Jean-François Spricigo y réunit des images en noir et blanc, des tirages aux couleurs veloutées ainsi qu'un film dont le pianiste Alexandre Tharaud signe la musique. Un livre éponyme réunissant textes et photographies est publié à cette occasion (éditions de L'Œil). Depuis, il est artiste associé au CENTQUATRE-PARIS pour les formes pluridisciplinaires. Il a réalisé des clips pour Albin de la Simone, Jean-Louis Murat et Dominique A, des émissions pour France Culture, et continue de photographier des bribes de réel qui, mises ensemble, forment un univers vibrant et sensible qui lui ressemble. Jean-François Spricigo expose voyage d’hiver à la A-galerie Bruxelles, 14 décembre 2017 au 10 février 2018.

En 2018, il met en scène sa première pièce à l’infini nous rassembler dans laquelle il partage le plateau avec la comédienne Anna Mouglalis.

Spricigo_JF_003 © JF Spricigo – galerie Camera Obscura Paris.tif
© JF Spricigo – galerie Camera Obscura Paris

Démarche 

 

Je photographie comme l’oiseau bat des ailes, pour ne pas tomber.

Il s’agit pour moi de tenir à jour et à nuit ce journal improbable, déraisonnable mais pas sans raison. Il n’a jamais été question de capturer ou de figer le monde, au contraire, c’est la trépidation, la palpitation d’un instant qui m’interpellent. Floue ou non, la « netteté » de l’image est principalement liée à l’intégrité de son processus.

Selon moi, le réel est avant tout une fiction à laquelle je suis disposé à croire, dès lors ces photographies ont l’honnêteté des émotions, elles sont subjectives par souci de vérité. La fidélité à la fiction de ma vie au sein de la Vie elle-même est le témoignage le plus juste que je peux produire. Ce qui compte aujourd’hui en mon cœur n’est pas tant mon existence propre que la Vie qui la traverse. Quitter la « belle » histoire promue par les marchands de rêves pour le vertige d’une vie pleine et paradoxale.

La nature m’a appris à me réconcilier avec moi-même et les autres. Les animaux ont particulièrement participé à m’apaiser face à ce que je percevais comme des injustices, l’évidence de leur présence et leur ancrage spontané m’ont donné accès à une respiration plus sereine. Auprès d’eux, j’ai eu conscience de la différence notable entre la perfection ostentatoire à laquelle mes semblables prétendent trop souvent, et la justesse qui ne revendique rien. Humblement, j’observe cette nature et la reconnais comme seule norme tangible face aux mutations de nos sociétés. Il n’est pas ici question de chercher l’opposition ou de créer une hiérarchie entre l’Homme et la Nature, mais bien de faire entendre au premier qu’il s’inscrit dans la seconde, et que jamais il n’a conquis quoi que ce soit de pérenne quand il la profane.

Voilà maintenant plus de quinze ans que j’écris cette scansion en noir et blanc. Je vis cela comme je respire, j’apprends pas à pas à transcender le tumulte en contemplation. Dernièrement, j’ai approché la couleur à l’occasion de ma résidence à la Casa de Velázquez en Espagne. Le territoire autant que sa lumière ont induit cette recherche esthétique. Le noir et blanc n’avait jamais été une contrainte, mais le stylo le plus juste pour raconter ce Nord d’où je viens, à la fois blafard et généreux. La couleur ou le noir et blanc ne correspondent pas seulement à des moyens techniques, mais sont des langages autonomes, leur cohabitation est essentielle.

Vivre, photographier, c’est avant tout l’engagement du corps dans l’évènement, une affaire de distance, de discernement pour trouver sa légitimité et ainsi s’inscrire dans le flux du monde par les chemins de l’apaisement. Faire autant confiance aux sens qu’à l’intelligence, renouer avec les instincts éclairés, accepter le paradoxe pour cesser de souscrire à la contradiction, et enfin cohabiter avec nos forces obscures comme promesse de lumière.

La photographie est une acuité fragile, une vision qu’il me faut garder, celle du lointain, de sa conquête impossible et nécessaire. Une conquête verticale, dont l’issue sera la chute. Mais je ne tombe pas, le vertige des gouffres est celui des révélations.

Jean François Spricigo

 

Photographie : Jean-François Spricigo

Production déléguée : le CENTQUATRE-PARIS

Cette exposition est en tournée

avec le CENTQUATRE ON THE ROAD

Jean-François Spricigo est artiste associé

du CENTQUATRE-PARIS

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© JF Spricigo – galerie Camera Obscura Paris
Spricigo_JF_001 © JF Spricigo – galerie Camera Obscura Paris.tif

 

Prochaine exposition de Jean-François Spricigo :

oraison sauvage, Camera Obscura, du 2 décembre 2021 au 29 janvier 2022

 

Article Sud Ouest

 

Article La République des Pyrénées